Extraits annotés
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MESSAGE DU
SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II «Nous voulons voir Jésus» (Jn 12,21) Très chers jeunes, 1. […] C’est la demande que quelques «Grecs» adressèrent un jour aux Apôtres. Ils voulaient savoir qui était Jésus. Il ne s’agissait pas seulement de prendre contact pour savoir à quoi ressemblait l’homme Jésus. Poussés par une grande curiosité et par le pressentiment qu’ils allaient trouver réponse à leurs questions fondamentales, ils voulaient savoir qui il était vraiment et d’où il venait. |
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| Voir
Jésus pour trouver le sens de la vie…
Une recherche qui dépasse la curiosité intellectuelle... « Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » |
2. Chers jeunes, je vous invite
vous aussi à imiter ces «Grecs» qui s’adressèrent à Philippe,
animés par le désir de «voir Jésus». Que votre recherche ne soit pas
motivée simplement par la curiosité intellectuelle, qui pourtant est
déjà une valeur, mais qu’elle soit stimulée surtout par l’exigence
intime de trouver la réponse à la question du sens de votre vie. Comme
le jeune homme riche de l’Évangile, vous aussi vous cherchez Jésus
pour lui poser cette question: «Que dois-je faire pour avoir en héritage
la vie éternelle?» (Mc 10, 17). L’évangéliste Marc précise
que Jésus le regarda et l’aima. Pensez aussi à cet autre épisode dans
lequel Jésus dit à Nathanaël: «Avant que Philippe te parle, quand tu
étais sous le figuier, je t’ai vu», faisant jaillir du cœur de ce
fils d’Israël qui ne savait pas mentir (cf. Jn 1,47), une belle
profession de foi: «Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu!» (Jn
1, 49). Celui qui s’approche de Jésus avec un cœur libre de préjugés
peut parvenir assez aisément à la foi, parce que c’est Jésus
lui-même qui, le premier, l’a vu et aimé. L'aspect le plus sublime de
la dignité humaine se trouve justement dans sa vocation à communiquer
avec Dieu dans ce profond échange de regards qui transforme la vie. Pour
voir Jésus, il faut d’abord se laisser regarder par lui !
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| Le désir de voir Dieu habite le cœur de toute personne. | Le désir de voir Dieu
habite le cœur de tout homme et de toute femme. Chers jeunes,
laissez-vous regarder dans les yeux par Jésus, pour que grandisse en vous
le désir de voir la Lumière, de goûter la splendeur de la Vérité. Que
nous en soyons conscients ou non, Dieu nous a créés parce qu’il nous
aime et pour que nous l’aimions à notre tour. C’est la raison de l’irrésistible
nostalgie de Dieu que l’homme porte dans le cœur: «C’est ta face,
Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face» (Ps 27, 8). Ce
Visage -nous le savons-, Dieu nous l’a révélé en Jésus Christ.
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| Tout
d’abord, faire silence en soi pour permettre la rencontre dans la foi avec Jésus... |
3. Chers jeunes, voulez-vous,
vous aussi, contempler la beauté de ce Visage ? Voilà la question que je
vous pose en cette Journée Mondiale de la Jeunesse de l’année 2004. Ne
répondez pas trop vite. Tout d’abord, faites le silence en vous.
Laissez émerger du fond du cœur cet ardent désir de voir Dieu, un
désir parfois étouffé par les bruits du monde et par les séductions
des plaisirs. Laissez émerger ce désir et vous ferez l’expérience
merveilleuse de la rencontre avec Jésus. Le christianisme n’est pas
simplement une doctrine; c’est une rencontre dans la foi avec Dieu qui s’est
fait présent dans notre histoire par l’incarnation de Jésus.
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| Chercher
la rencontre du Christ avec les yeux de chair et aussi avec les yeux de l’âme... |
Cherchez tous les moyens de
rendre possible cette rencontre, en regardant Jésus qui vous cherche
passionnément. Cherchez-le avec vos yeux de chair à travers les
événements de la vie et dans le visage des autres; mais cherchez-le
aussi avec les yeux de l’âme au moyen de la prière et de la
méditation de la Parole de Dieu, car « la contemplation du visage du
Christ ne peut que nous renvoyer à ce que la Sainte Écriture nous dit de
lui » (Novo millennio ineunte, n. 17).
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| L’homme
peut malheureusement déformer son désir de voir Dieu... |
4. Voir Jésus, contempler son
Visage, est un désir irrésistible, mais c’est un désir que l’homme
peut malheureusement aussi déformer. Et c’est ce qui arrive avec le
péché, dont l’essence se trouve précisément dans le fait de
détourner les yeux du Créateur pour les tourner vers la créature.
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| Être
vraiment libres signifie avoir la force de choisir Celui pour qui nous avons été créés et accepter sa seigneurie sur notre vie. |
Ces "Grecs" à la
recherche de la vérité n’auraient pu approcher du Christ, si leur
désir, animé par un acte libre et volontaire, ne s’était pas
concrétisé en une décision claire: «nous voulons
voir Jésus». Être vraiment libres signifie avoir la force de choisir
Celui pour qui nous avons été créés et accepter sa seigneurie sur
notre vie. Vous le sentez au fond de votre cœur : tous les biens de
la terre, toutes les réussites professionnelles, même l’amour humain
dont vous rêvez, ne pourront jamais satisfaire pleinement vos attentes
les plus intimes et les plus profondes. Seule la rencontre avec Jésus
pourra donner son vrai sens à votre vie : «Tu nous as faits pour toi,
Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi», a
écrit saint Augustin (Les Confessions, I, 1). Ne vous laissez pas
détourner de cette quête. Persévérez, car ce qui est en jeu, c’est
la pleine réalisation de vous-même et votre joie.
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| Découvrir
Jésus dans l’Eucharistie, puis dans ses frères et sœurs... |
5. Chers amis, si vous apprenez
à découvrir Jésus dans l’Eucharistie, vous saurez le découvrir aussi
dans vos frères et sœurs, en particulier dans les plus pauvres. L’Eucharistie,
reçue avec amour et adorée avec ferveur, devient une école de liberté
et de charité pour réaliser le commandement de l’amour. Jésus nous
parle le langage merveilleux du don de soi et de l’amour jusqu’au
sacrifice de sa vie. Est-ce un discours facile ? Non, vous le savez !
L’oubli de soi n’est pas facile; il détourne de l’amour possessif
et narcissique pour ouvrir l’homme à la joie de l’amour qui se donne.
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| Car
aimer, ce n’est pas seulement un sentiment; c’est un acte de volonté qui consiste à préférer de manière constante le bien de l’autre à son propre bien. |
Cette école eucharistique de
liberté et de charité apprend à dépasser les émotions superficielles
pour s’enraciner fermement dans ce qui est vrai et bon; elle délivre du
repliement sur soi pour disposer à s’ouvrir aux autres, elle enseigne
à passer d’un amour affectif à un amour effectif. Car
aimer, ce n’est pas seulement un sentiment; c’est un acte de volonté
qui consiste à préférer de manière constante le bien de l’autre à
son propre bien: «Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie
pour ses amis» (Jn 15,13).
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| Aller
au devant de toutes les souffrances humaines avec l’élan de la générosité et l’amour que Dieu suscite en nos cœurs par l’Esprit Saint. |
C’est avec cette liberté
intérieure et cette charité brûlante que Jésus nous apprend à le
rencontrer dans les autres, en premier lieu dans le visage défiguré du
pauvre. La Bienheureuse Teresa de Calcutta aimait distribuer sa «carte de
visite» sur laquelle il était écrit: «le fruit du silence, c’est
la prière ; le fruit de la prière, c’est la foi ; le fruit de la foi,
c’est l’amour ; le fruit de l’amour, c’est le service ; le fruit
du service, c’est la paix». Voilà le chemin de la rencontre avec
Jésus. Allez au devant de toutes les souffrances humaines avec l'élan de
votre générosité et avec l’amour que Dieu suscite dans vos cœurs par
l’Esprit Saint: «Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l'avez
fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous
l'avez fait» (Mt 25,40). Le monde a un besoin urgent du grand
signe prophétique de la charité fraternelle! Il ne suffit pas, en effet,
de «parler» de Jésus; il faut aussi d’une certaine façon le faire
«voir» par le témoignage éloquent de sa vie (cf. Novo millennio
ineunte, n. 16).
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| Chercher
le Christ et reconnaître sa présence dans l’Église. |
Et n’oubliez pas de chercher
le Christ et de reconnaître sa présence dans l’Église. Elle
est comme le prolongement de son action salvifique dans le temps et dans l’espace.
C’est en elle et par elle que Jésus continue à se rendre visible
aujourd’hui et que les hommes peuvent le rencontrer. Dans vos paroisses,
mouvements et communautés, soyez accueillants les uns envers les autres
pour faire grandir la communion entre vous. Elle est le signe visible de
la présence du Christ dans l’Église, malgré la barrière du péché
des hommes qui souvent l’obscurcit.
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| Ne
pas être surpris de rencontrer la Croix sur notre route. |
6. Ne soyez donc pas surpris si
vous rencontrez la Croix sur votre route. Jésus n’a-t-il pas dit à ses
disciples que le grain de blé devait tomber en terre et mourir pour
porter beaucoup de fruit (cf. Jn 12, 23-26)? Il indiquait ainsi que
sa vie donnée jusqu’à la mort serait féconde. Vous le savez: depuis
la Résurrection du Christ, jamais plus la mort n’aura le dernier mot. L’amour
est plus fort que la mort. Si Jésus a accepté de mourir sur la Croix,
faisant d’elle la source de la vie et le signe de l’amour, ce n’est
ni par faiblesse, ni par goût de la souffrance. C’est pour nous obtenir
le salut et nous donner d’avoir part dès maintenant à sa vie divine. […]
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| Nos
contemporains attendent notre témoignage... |
7. Vos contemporains attendent de vous que vous soyez les témoins de Celui que vous avez rencontré et qui vous fait vivre. Dans la réalité de la vie quotidienne, devenez des témoins intrépides de l’amour plus fort que la mort. C’est à vous de relever ce défi! Mettez vos talents et l’ardeur de votre jeunesse au service de l’annonce de la Bonne Nouvelle. Soyez les amis enthousiastes de Jésus qui présentent le Seigneur à ceux qui désirent le voir, surtout les plus loin de lui. Philippe et André ont conduit ces «Grecs» jusqu’à Jésus: Dieu se sert de l’amitié humaine pour amener les cœurs à la source de la charité divine. Sentez-vous responsables de l’évangélisation de vos amis et de tous vos contemporains. Puisse la Bienheureuse Vierge Marie, qui toute sa vie s’est adonnée avec assiduité à la contemplation du visage du Christ, vous garder sans cesse sous le regard de son Fils (cf. Rosarium Virginis Mariæ, n.10) et vous soutenir dans la préparation de la Journée Mondiale de Cologne, vers laquelle je vous invite à vous tourner dès maintenant avec un enthousiasme responsable et actif. La Vierge de Nazareth, cette Mère attentive et patiente, façonnera en vous un cœur contemplatif et elle vous apprendra à fixer votre regard sur Jésus pour que, dans ce monde qui passe, vous soyez des prophètes du monde qui ne passe pas! Je vous accorde une affectueuse Bénédiction apostolique. Qu’elle vous accompagne sur votre route ! Du Vatican, le 22 février 2004. JEAN-PAUL II
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