Extraits annotés
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MESSAGE DU
SAINT-PÈRE "Si quelqu’un
veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même,
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Très chers jeunes ! 1. [ … ] Du plus profond de mon cœur, je veux remercier Dieu pour le don de la jeunesse qui, à travers vous, demeure dans l’Église et dans le monde (cf. Homélie à Tor Vergata, 20 août 2000). [ … ] |
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| Jésus…
hors de tout schéma et de tout vacarme...
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2. A cette occasion [la 16ième journée mondiale de la jeunesse], je voudrais vous inviter à réfléchir sur les conditions que Jésus pose à celui qui décide d’être son disciple : "Si quelqu’un veut venir à ma suite - dit-il -, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive" (Lc 9, 23). Jésus n’est pas le Messie du triomphe ni de la puissance. En effet, il n’a pas libéré Israël de la domination romaine, ni ne lui a assuré une gloire politique. Comme authentique Serviteur du Seigneur, il a accompli sa mission de Messie dans la solidarité, dans un esprit de service, dans l’humiliation de la mort. C’est un Messie qui est hors de tout schéma et de tout vacarme, que l’on ne parvient pas à "saisir" selon la logique du succès et du pouvoir, souvent utilisée par le monde comme critère de vérification de ses projets et de ses actes. Venu pour accomplir la
volonté du Père, Jésus lui demeure fidèle jusqu’au bout et il
réalise ainsi sa mission de salut pour ceux qui croient en lui et qui l’aiment,
non pas en paroles, mais concrètement. Si l’amour est la condition pour
le suivre, le sacrifice vérifie par contre l’authenticité de cet amour
(cf. Lettre apostolique Salvifici doloris, nn. 17-18). |
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| Une
exigence claire qui peut faire peur... Il n’y a qu’une
seule route |
3. Si quelqu’un veut venir
à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et
qu’il me suive" (Lc 9, 23). Ces mots expriment le
caractère radical d’un choix qui n’admet pas d’hésitations, ni de
retours en arrière. C’est une dure exigence qui a impressionné les
disciples eux-mêmes et qui, au cours des siècles, a empêché de
nombreux hommes et femmes de suivre le Christ. Or, c’est précisément
ce radicalisme qui a produit des fruits admirables de sainteté et de
martyre, qui affermissent dans le temps le chemin de l’Église. Aujourd’hui
encore, cette parole retentit comme un scandale et une folie (cf. 1 Co
1, 22-25). Pourtant c’est avec elle que nous devons nous confronter, car
la voie tracée par Dieu pour son Fils est celle-là même que doit
parcourir le disciple qui se décide à se mettre à sa suite. Il n’existe
pas deux routes, mais une seule : celle qu’a parcourue le Maître. Il n’est
pas permis au disciple d’en inventer une autre. |
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| Abandonner
les richesses qui empêchent l’accès au Royaume … Accepter la contradiction
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Jésus marche devant les siens et demande à chacun de faire ce que lui-même a fait. Il dit : je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir; aussi celui qui veut être avec moi doit-il se faire le serviteur de tous. Je suis venu à vous comme quelqu’un qui ne possède rien; aussi puis-je vous demander d’abandonner tout genre de richesse qui vous empêche d’entrer dans le Royaume des cieux. J’accepte la contradiction, j’accepte d’être rejeté par la majorité de mon peuple; aussi puis-je vous demander à vous aussi d’accepter la contradiction et la contestation, d’où qu’elles viennent. En d’autres termes,
Jésus demande de choisir courageusement de suivre la même voie que lui,
de la choisir avant tout "dans son cœur", car se trouver dans
telle ou telle situation extérieure ne dépend pas de nous. Ce qui
dépend de nous, c’est la volonté d’être comme lui, autant que
possible, obéissants au Père et prêts à accepter jusqu’au bout le
projet qu’il a pour chacun. |
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| L‘indispensable
chemin de la conversion … pour accueillir une
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4. "Qu’il se renie lui-même". Se renier soi-même signifie renoncer à son projet, souvent limité et mesquin, pour accueillir celui de Dieu : tel est le chemin de la conversion, indispensable pour l’existence chrétienne, qui a conduit l’Apôtre Paul à affirmer : "Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi" (Ga 2, 20). Jésus ne demande pas de
renoncer à vivre, mais d’accueillir une nouveauté de vie et une
plénitude de vie que lui seul peut donner. L’homme a, enracinée au
plus profond de son être, une tendance à "penser à soi", à
mettre sa personne au centre des intérêts et à se considérer comme la
mesure de tout. En revanche, celui qui marche à la suite du Christ refuse
ce repli sur lui-même et ne juge pas les choses en fonction de ce qu’il
peut en tirer. Il considère la vie en termes de don et de gratuité, et
non pas de conquête ni de possession. La vraie vie, en effet, s’exprime
dans le don de soi, fruit de la grâce du Christ : une existence libre, en
communion avec Dieu et avec ses frères (cf. Gaudium et spes, n.
24). |
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| Choisir
entre une vie pleine et une existence vide, entre la vérité et le mensonge... |
Si vivre à la suite du Seigneur
devient la valeur suprême, toutes les autres valeurs reçoivent alors de
celle-ci leur juste place et leur importance. Celui qui mise tout sur les
biens terrestres sera perdant, malgré les apparences de succès : la mort
viendra le prendre au milieu de tout ce qu’il aura accumulé, mais avec
une vie manquée (cf. Lc 12, 13-21). Le choix se situe donc entre
être et avoir, entre une vie pleine et une existence vide, entre la
vérité et le mensonge. |
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| La croix accueillie devient signe d’amour ... |
5. "Qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive". De même que la croix peut être réduite à un objet ornemental, "porter sa croix" peut aussi devenir une façon de parler. Dans l’enseignement de Jésus, cette expression ne met cependant pas au premier plan la mortification ni le renoncement. Elle ne se réfère pas d’abord au devoir de supporter patiemment les petites ou les grandes tribulations quotidiennes ; elle entend moins encore exalter la douleur comme moyen de plaire à Dieu. Le chrétien ne recherche pas la souffrance pour elle-même, mais l’amour. La croix accueillie devient alors le signe de l’amour et du don total. La porter à la suite du Christ signifie s’unir à lui, offrant ainsi la plus grande preuve d’amour. On ne peut pas parler de la
croix sans considérer l’amour de Dieu pour nous, le fait que Dieu veut
nous combler de ses biens. Par cette invitation: "Suis-moi",
Jésus redit à ses disciples non seulement: prends-moi comme modèle,
mais aussi: partage ma vie et mes choix, dépense ta vie avec moi par
amour pour Dieu et pour tes frères. Ainsi le Christ ouvre devant nous le "chemin
de la vie", qui est hélas constamment menacé par le
"chemin de la mort". Le péché est le chemin qui sépare l’homme
de Dieu et du prochain, provoquant la division et minant la société de l’intérieur. |
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| Le
chemin de la vie ne craint pas les échecs et les difficultés ... |
Le "chemin de la
vie", qui reprend et renouvelle les attitudes de Jésus, devient
le chemin de la foi et de la conversion. C’est précisément le chemin
de la croix. Il s’agit du chemin qui porte à se confier à lui et à
son dessein du salut, à croire qu’il est mort pour manifester l’amour
de Dieu pour tout homme; c’est le chemin du salut au sein d’une
société souvent divisée, confuse et contradictoire; c’est le
chemin du bonheur de suivre le Christ jusqu’au bout, dans les
circonstances souvent dramatiques de la vie quotidienne ; c’est le
chemin qui ne craint pas les échecs, les difficultés, les mises à l’écart,
les solitudes, car il comble le cœur de l’homme de la présence de
Jésus; c’est le chemin de la paix, de la maîtrise de soi et de la joie
profonde du cœur.
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| Se méfier de la culture de l’éphémère ... |
6. Chers jeunes, ne soyez pas surpris si, au début du troisième millénaire, le Pape vous montre une fois encore la croix comme chemin de vie et de bonheur authentique. L’Église croit et confesse depuis toujours que seule la croix du Christ est porteuse du salut. Une culture largement
répandue de l’éphémère, qui accorde de la valeur à ce qui plaît et
semble beau, voudrait faire croire que, pour être heureux, il faut
éviter la croix. Comme idéal, on présente un succès facile, une
carrière rapide, une sexualité séparée du sens des responsabilités
et, finalement, une existence centrée sur l’affirmation de soi, souvent
sans respect des autres. |
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| Bien
voir et éviter le chemin de la mort ... |
Mais ouvrez bien vos yeux, chers
jeunes: ce n’est pas là le chemin qui fait vivre, mais le sentier qui
plonge dans la mort. Jésus nous dit: "Qui veut en effet sauver sa
vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la
sauvera". Jésus ne nous laisse pas dans l’illusion:
"Que sert donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il se perd
ou se ruine lui-même?" (Lc 9, 24-25). Par la vérité de
ses paroles, qui retentissent durement mais qui remplissent le cœur de
paix, Jésus nous révèle le secret de la vie authentique (cf.
Discours aux jeunes de Rome, 2 avril 1998). |
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| Ne
pas avoir peur de prendre le chemin de la Vie ...
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N’ayez donc pas peur de cheminer sur le chemin que le Seigneur a parcouru le premier. Avec votre jeunesse, vous imprimez au troisième millénaire qui s’ouvre le signe de l’espérance et de l’enthousiasme caractéristique de votre âge. Si vous laissez la grâce œuvrer en vous, si votre engagement quotidien ne manque pas de sérieux, vous ferez de ce nouveau siècle une époque meilleure pour tous. Marie chemine avec vous, elle, la Mère du Seigneur, la première disciple, restée fidèle sous la croix d’où le Christ nous a confiés à elle comme ses enfants. Que vous accompagne aussi la Bénédiction apostolique que je vous accorde de grand cœur! Du Vatican, le 14 février 2001 |
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