Catéchèses de Benoît XVI pour l'année de saint Paul (du 28 juin 2008 au 29 juin 2009)

Sommaire

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Le 2 juillet 2008

Paul vit dans un milieu multiculturel et lui-même baignait dans «trois cultures distinctes: la juive par sa naissance, la grecque par son éducation et la romaine par sa citoyenneté. Sa rencontre personnelle avec le Christ, sur le chemin de Damas, lui fera dépasser toutes les limitations culturelles ».

Saint Paul, sur le plan social, fait partie d'une minorité et le défi qu'il a relevé ressemble beaucoup à celui qui se présente de nos jours à ceux qui veulent proclamer l'Évangile. « C'est à une société en recherche et à une religion en crise, que l'Apôtre proclamera un Dieu personnel qui habite en chacun et qui s'expérimente dans la vie communautaire, l'Église ».

L'apôtre Paul, un maître pour notre temps
(Vatican)

Audience générale du 27 août 2008 

«L'Apôtre est né à Tarse, en Cilicie. Juif de la diaspora et citoyen romain, il parlait le grec. Il avait appris à travailler la laine et le lin. Il quitta Tarse vers l'âge de 12 ans pour recevoir à Jérusalem l'enseignement du rabbin Gamaliel selon les normes d'un strict pharisaïsme. Son zèle pour la Loi le porta à persécuter les premiers chrétiens. C'est sur le chemin de Damas qui sa vie va changer. »

«Sa conversion le transforma en témoin de Jésus et en disciple infatigable de l'Évangile auprès des Nations.»

«Puisse l'exemple de saint Paul nous enseigner à témoigner infatigablement du Christ et à affronter avec courage les épreuves de la vie pour les placer sous le regard de Dieu. Ayons comme lui le souci des nations dans nos prières et dans notre engagement missionnaire.»

Les voyages de saint Paul
(Vatican)

Audience générale du 3 septembre 2008 

«Saint Paul a donc été transformé non par une pensée mais par un événement, par la présence irrésistible du Ressuscité, de laquelle il ne pourra jamais douter par la suite tant l'évidence de l'événement, de cette rencontre, avait été forte. Elle changea fondamentalement la vie de Paul ; en ce sens on peut et on doit parler d'une conversion.»

«Il s'agit donc essentiellement d'une rencontre de ‘personnes', alors que les ‘idées' jouent un rôle secondaire. Paul vit la gloire de Dieu briller sur le visage du Christ. Il faut se garder d'interpréter cet événement avec des catégories purement psychologiques. Ce dont nous pouvons être assurés sur le plan historique, c'est que ce qui s'est passé sur le chemin de Damas a eu une influence déterminante, tout à fait positive et féconde, sur le reste de la vie de Paul. Il y a fait l'expérience d'une rencontre personnelle avec Jésus ressuscité et il a mûri une conviction qui a retourné son existence.»

«Ce qui doit demeurer comme un point lumineux à nos yeux, c'est qu'il n'est pas possible de parler de conversion au christianisme sans mettre au premier plan la personne de Jésus Christ. C'est lui qui définit notre identité de chrétiens.»

La conversion de Paul
(Vatican)

  « Comme S. Paul laissez-vous saisir par le Christ »,
 exhorte Benoît XVI
(Zenit)

Audience du mercredi 10 septembre 2008

Benoît XVI a poursuivi ses catéchèses sur saint Paul en expliquant ce qui fait précisément la particularité d'un « apôtre ».

«Ce n'est pas pour rien que Paul dit qu'il est "apôtre par vocation" (Rm 1, 1), c'est-à-dire "envoyé non par les hommes, ni par un intermédiaire humain, mais par Jésus Christ et par Dieu le Père" (Ga 1, 1). Telle est la première caractéristique:  avoir vu le Seigneur, avoir été appelé par Lui. [...]

La deuxième caractéristique est d'"avoir été envoyés". Le terme grec apóstolos signifie précisément "envoyé, mandaté", c'est-à-dire ambassadeur et porteur d'un message; il doit donc agir comme responsable et représentant d'un mandant.[...]

La troisième condition est l'exercice de l'"annonce de l'Évangile", avec la fondation conséquente d'Églises. En effet, le titre d'"apôtre" n'est pas et ne peut pas être un titre honorifique. Il engage concrètement et même dramatiquement toute l'existence du sujet concerné.»

Les «trois caractéristiques» d'un «apôtre»
(Zenit)

L'Apostolat de saint Paul
(Vatican)

Audience du mercredi 24 septembre 2008

«Je voudrais parler aujourd'hui des relations entre saint Paul et les Apôtres qui l'avaient précédé à la suite de Jésus. Ces relations furent toujours marquées par un profond respect et par une franchise qui, chez saint Paul, dérive de la défense de la vérité de l'Évangile. Même s'il était, dans les faits, contemporain de Jésus de Nazareth, il n'eut jamais l'occasion de le rencontrer, au cours de sa vie publique. C'est pourquoi, après avoir été foudroyé sur le chemin de Damas, il ressentit le besoin de consulter les premiers disciples du Maître, qui avaient été choisis par Lui pour en porter l'Évangile jusqu'aux extrémités de la terre. [...]

L'importance qu'il confère à cette Tradition vivante de l'Église, qu'il transmet à ses communautés, démontre à quel point est erronée la vision de ceux qui attribuent à Paul l'invention du christianisme:  avant de porter l'évangile de Jésus Christ, son Seigneur, il l'a rencontré sur le chemin de Damas et il l'a fréquenté dans l'Église, en observant sa vie chez les Douze et chez ceux qui l'ont suivi sur les routes de la Galilée.»

Les relations entre saint Paul et les Apôtres
(Vatican)

Audience du mercredi 1er octobre 2008

«Le respect et la vénération que Paul a toujours cultivés à l'égard des Douze ne font pas défaut lorsqu'il défend avec franchise la vérité de l'Évangile, qui n'est autre que Jésus Christ, le Seigneur. [...]

L'assemblée de Jérusalem se déroula pourtant à un moment de tension importante au sein de la Communauté des origines. Il s'agissait de répondre à la question de savoir s'il fallait demander aux païens qui adhéraient à Jésus Christ, le Seigneur, la circoncision ou s'il était licite de les laisser libres de la Loi mosaïque, c'est-à-dire de l'observance des normes nécessaires pour être des hommes justes [...]

Le deuxième épisode est le célèbre incident d'Antioche, en Syrie, qui atteste la liberté intérieure dont Paul jouissait:  comment se comporter à l'occasion de la communion à la table entre les croyants d'origine juive et ceux d'origine païenne? Ici se fait jour l'autre épicentre de l'observance mosaïque:  la distinction entre les aliments purs et impurs, qui divisaient profondément les juifs observants des païens.»

Saint Paul, le "concile" de Jérusalem 
et l'incident d'Antioche

(Vatican)

Audience du mercredi 8 octobre 2008

«Aujourd'hui aussi existe cette manière différente de connaître:  il y a des personnes savantes qui connaissent Jésus dans ses nombreux détails et des personnes simples qui n'ont pas connaissance de ces détails, mais qui l'ont connu dans sa vérité:  "le cœur parle au cœur". Et Paul veut dire essentiellement qu'il faut connaître Jésus ainsi, avec le cœur et connaître essentiellement de cette manière la personne dans sa vérité; puis, dans un deuxième temps, en connaître les détails.» [...]

«En conclusion, saint Paul ne pense pas à Jésus en tant qu'historien, comme à une personne du passé. Il connaît assurément la grande tradition sur la vie, les paroles, la mort et la résurrection de Jésus, mais il ne traite pas de tout cela comme d'une chose du passé; il le propose comme réalité du Jésus vivant. Pour Paul, les paroles et les actions de Jésus n'appartiennent pas au temps historique, au passé. Jésus vit maintenant et parle maintenant avec nous et vit pour nous. Telle est la vraie manière de connaître Jésus et d'accueillir la tradition le concernant. Nous devons nous aussi apprendre à connaître Jésus non selon la chair, comme une personne du passé, mais comme notre Seigneur et Frère, qui est aujourd'hui avec nous et nous montre comment vivre et comment mourir.»

Saint Paul et la vie terrestre de Jésus
(Vatican)

Audience du mercredi 15 octobre 2008

«Aujourd'hui je voudrais parler de l'enseignement de saint Paul sur l'Eglise. Nous devons commencer par la constatation que ce mot "Eglise" en français - comme en italien "Chiesa" et en espagnol "Iglesia" - est tiré du grec "ekklesia"! Il vient de l'Ancien Testament et signifie l'assemblée du peuple d'Israël, convoquée par Dieu, en particulier l'assemblée exemplaire au pied du Sinaï. Avec ce mot est à présent signifiée la nouvelle communauté des croyants dans le Christ qui se sentent assemblée de Dieu, la nouvelle convocation de tous les peuples par Dieu et devant Lui. Le terme ekklesia ne fait son apparition que sous la plume de Paul, qui est le premier auteur d'un écrit chrétien.»

Saint Paul premier théologien de l'Église
(Vatican)

Audience du mercredi 22 octobre 2008

«Aujourd'hui je voudrais parler de l'enseignement que saint Paul nous a laissé sur le caractère central du Christ ressuscité dans le mystère du salut, sur sa christologie. En vérité, Jésus Christ ressuscité, "exalté au dessus de tous les noms", est au centre de toutes ses réflexions. Le Christ est pour l'apôtre le critère d'évaluation des événements et des choses, l'objectif de chaque effort qu'il accomplit pour annoncer l'Evangile, la grande passion qui soutient ses pas sur les routes du monde. Et il s'agit d'un Christ vivant, concret:  le Christ - dit Paul - "qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi" (Ga 2, 20). Cette personne qui m'aime, avec laquelle je peux parler, qui m'écoute et me répond, telle est réellement le principe pour comprendre le monde et pour trouver le chemin dans l'histoire.»

Le christocentrisme de saint Paul
(Vatican)

Audience du mercredi 29 octobre 2008

« Lors de sa rencontre avec Jésus lui était clairement apparue la signification centrale de la Croix:  il avait compris que Jésus était mort et était ressuscité pour tous et pour lui-même. Les deux choses étaient importantes; l'universalité:  Jésus est mort réellement pour tous, et la subjectivité:  Il est mort également pour moi. Dans la Croix s'était donc manifesté l'amour gratuit et miséricordieux de Dieu. C'est tout d'abord en lui-même que Paul fit l'expérience de cet amour (cf. Ga 2, 20), et de pécheur il devint croyant, de persécuteur apôtre. »

Théologie de la croix dans la christologie de saint Paul
(Vatican)

Audience générale du mercredi 5 novembre 2008

« "Et si le Christ n'est pas ressuscité, notre message est sans objet, et votre foi est sans objet... vous n'êtes pas libérés de vos péchés " (1 Co 15, 14.17). Avec ces puissantes paroles de la première Lettre aux Corinthiens, saint Paul fait comprendre l'importance décisive qu'il attribue à la résurrection de Jésus. Dans cet événement, en effet, se trouve la solution du problème posé par le drame de la Croix. A elle seule, la Croix ne pourrait pas expliquer la foi chrétienne, elle resterait même une tragédie, l'indication de l'absurdité de l'être. Le mystère pascal consiste dans le fait que ce Crucifié " est ressuscité le troisième jour conformément aux Ecritures " (1 Co 15, 4) - c'est ce qu'atteste la tradition proto-chrétienne. C'est là que se trouve la clef de voûte de la christologie paulinienne : tout tourne autour de ce centre de gravité. »

L'Importance de la christologie - 
L'importance décisive de la résurrection
(Vatican)

Audience générale du mercredi 12 novembre 2008

« Le thème de la résurrection, sur lequel nous nous sommes arrêtés la semaine dernière, ouvre une nouvelle perspective, celle de l'attente du retour du Seigneur, et nous conduit donc à réfléchir sur le rapport entre le temps présent, temps de l'Eglise et du Royaume du Christ, et l'avenir (éschaton) qui nous attend, lorsque le Christ remettra le Royaume au Père (cf. 1 Co 15, 24). Chaque discours chrétien sur les choses ultimes, appelé eschatologie, part toujours de l'événement de la résurrection:  dans cet événement les choses ultimes sont déjà commencées et, dans un certain sens, déjà présentes.

C'est probablement en l'an 52 que Paul a écrit la première de ses lettres, la première Lettre aux Thessaloniciens, où il parle de ce retour de Jésus, appelé parousie, avent, présence nouvelle, définitive et manifeste (cf. 4, 13-18). »

Eschatologie - L'attente de la parousie dans l'enseignement de saint Paul
(Vatican)

Audience générale du mercredi 19 novembre 2008

« Sur le chemin que nous accomplissons sous la direction de saint Paul, nous voulons à présent nous arrêter sur un thème qui se trouve au centre des controverses du siècle de la Réforme:  la question de la justification. Comment l'homme devient-il juste aux yeux de Dieu? »

La doctrine de la justification chez saint Paul
(Vatican)

Audience générale du mercredi 26 novembre 2008

« Dans la catéchèse de mercredi dernier, j'ai parlé de la question de la façon dont l'homme devient juste devant Dieu. En suivant Paul, nous avons vu que l'homme n'est pas en mesure de devenir "juste" par ses propres actions, mais qu'il peut réellement devenir "juste" devant Dieu uniquement parce que Dieu lui confère sa "justice" en l'unissant au Christ son Fils. Et cette union au Christ, l'homme l'obtient au moyen de la foi. C'est en ce sens que saint Paul nous dit que ce ne sont pas nos œuvres, mais la foi qui nous rend "justes". Toutefois, cette foi n'est pas une pensée, une opinion, une idée. Cette foi est communion avec le Christ, que le Seigneur nous donne et elle devient donc vie, elle se conforme à Lui. Ou, en d'autres termes, si la foi est vraie, si elle est réelle, elle devient amour, elle devient charité, elle s'exprime dans la charité. Une foi sans charité, sans ce fruit, ne serait pas une vraie foi. Ce serait une foi morte. »

Une foi incarnée dans l'amour fait obstacle 
aux divisions dans l'Église

(Vatican)

Audience générale du mercredi 3 décembre 2008

« Dans la catéchèse d'aujourd'hui, nous nous arrêterons sur les relations entre Adam et le Christ, dont parle saint Paul dans la célèbre page de la Lettre aux Romains (5, 12-21), dans laquelle il remet à l'Eglise les lignes essentielles de la doctrine sur le péché originel. En vérité, dans la première Lettre aux Corinthiens, en traitant de la foi dans la résurrection, Paul avait déjà présenté la confrontation entre notre ancêtre et le Christ:  "En effet, c'est en Adam que meurent tous les hommes; c'est dans le Christ que tous revivront... Le premier Adam était un être humain qui avait reçu la vie; le dernier Adam - le Christ - est devenu l'être spirituel qui donne la vie" (1 Co 15, 22.45). »

Les relations entre Adam et le Christ 
et la doctrine de saint Paul

(Vatican)

Audience générale du mercredi 10 décembre 2008

[...] « notre histoire humaine, depuis le début, est contaminée par l'abus de la liberté créée, qui veut s'émanciper de la Volonté divine. Et ainsi, elle ne trouve pas la véritable liberté, mais s'oppose à la vérité et falsifie, par conséquent, nos réalités humaines. Elle falsifie surtout les relations fondamentales:  avec Dieu, entre l'homme et la femme, entre l'homme et la terre. [...] nous avons appris de saint Paul qu'il existe un nouveau début dans l'histoire et de l'histoire en Jésus Christ, Celui qui est homme et Dieu. Avec Jésus, qui vient de Dieu, commence une nouvelle histoire formée par son oui au Père, et donc fondée non pas sur l'orgueil d'une fausse émancipation, mais sur l'amour et sur la vérité.

Mais à présent se pose la question:  comment pouvons-nous entrer dans ce nouveau début, dans cette nouvelle histoire? Comment cette nouvelle histoire arrive-t-elle à moi?  »         

L'Église est un corps et non une organisation
(Vatican)
[Le rôle des sacrements]

Audience générale du mercredi 4 février 2009 (dernière catéchèse)

[...] «L'antique tradition chrétienne témoigne de manière unanime que la mort de Paul eut lieu suite au martyre subi ici à Rome. Les écrits du nouveau Testament ne nous racontent pas le fait. Les Actes des Apôtres achèvent leur récit en évoquant l'emprisonnement de l'Apôtre, qui pouvait toutefois recevoir tous ceux qui venaient le voir (cf. Ac 28, 30-31). C'est uniquement dans la deuxième Lettre à Timothée que nous trouvons ces paroles prémonitoires : « Quant à moi je suis déjà répandu en libation et le moment de mon départ est venu » (2 Tm 4, 6 ; cf. Ph 2, 17). Il a ici recours à deux images, l'image cultuelle du sacrifice, qu'il avait déjà utilisée dans la première Lettre aux Philippiens en interprétant le martyre comme une partie du sacrifice du Christ, et l'image marine de jeter les amarres : deux images qui ensemble, font discrètement allusion à l'événement de la mort et d'une mort dans le sang. »

La fin de la vie de Paul
(Zenit)

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